AI in teaching at the HES-SO

Richard-Emmanuel Eastes
Academic, Science Communicator, and Education Specialist
HES-SO / Segallis
Abstract
Face au développement de l'intelligence artificielle générative et à ses impacts sur la plupart des métiers, les employeurs sont confrontés au même dilemme que les institutions de formation professionnalisantes telles que la HES-SO : quelles seront les compétences clés de demain, quels profils convient-il de recruter, et comment assurer la formation, initiale comme continue, des futur·es professionnel·les ?
Le Service de soutien à l'enseignement (SADAP) et le Groupe de pilotage IA (GPIA) de la HES-SO se saisissent de ces questions avec la plus grande attention depuis plusieurs années. Il relève en effet de la responsabilité de notre institution non seulement d'analyser les impacts pédagogiques de l'IA sur l'apprentissage, l'enseignement et l'évaluation, mais également d'anticiper les transformations des métiers dans l'ensemble des champs professionnels auxquels elle prépare ses étudiant·es. Cette double exigence conduit à faire évoluer, de manière aussi rapide que rigoureuse, les référentiels de compétences, les plans d'études et les dispositifs de formation.
Dans cette perspective, nous avons développé un modèle théorique visant, d'une part, à montrer que l'approche par compétences constitue sans doute l'un des cadres les plus pertinents pour soutenir la résilience des étudiant·es et des professionnel·les face aux bouleversements induits par l'IA et, d'autre part, à identifier les leviers susceptibles de maintenir un haut niveau de professionnalisation. Ce faisant, il s'agit également de prévenir les risques de prolétarisation au sens d'une dépossession progressive de l'identité professionnelle au profit de processus d'automatisation.
Ce modèle propose en outre une dizaine de critères permettant d'évaluer le degré de vulnérabilité ou de transformation d'une profession dans un environnement marqué par l'intelligence artificielle. Il offre ainsi aux employeurs comme aux responsables de formation des repères analytiques pour anticiper les évolutions des métiers.
Après une brève présentation des actions conduites par le rectorat de la HES-SO en matière de formation et de responsabilité sociétale à l'ère de l'IA, nous exposerons ce modèle ainsi que ses applications potentielles, avant d'ouvrir la discussion afin de le confronter aux expériences et aux perspectives des participant·es.
About the speaker
Richard-Emmanuel Eastes est responsable du Service d'Appui au Développement Académique et Professionnel (SADAP) et membre du Groupe de pilotage IA (GPIA) de la HES-SO. Chercheur associé au Laboratoire de Science and Technology Studies (STS Lab) à l'UNIL, il enseigne dans les hautes écoles suisses des sujets tels que la muséologie, la durabilité, la post-vérité, la médiation scientifique et l'intelligence artificielle.
Son parcours, marqué par une approche pluridisciplinaire et la collaboration avec 5 lauréats du Prix Nobel, débute par des études en chimie, suivies de l'obtention de l'agrégation en sciences physiques et d'un doctorat en sciences de l'éducation et en philosophie. Après avoir enseigné à l'École normale supérieure de Paris et dirigé un musée d'arts et sciences parisien (l'Espace des sciences Pierre-Gilles de Gennes), il a rejoint la Suisse en 2014 pour prendre la direction de la HEP BEJUNE.
Ses domaines d'expertise couvrent les processus cognitifs liés à l'apprentissage, la compréhension et la créativité, les cultures scientifique et numérique, les relations entre nature, science et société, ainsi que la philosophie et la sociologie des sciences et, plus récemment, les impacts pédagogiques, sociétaux et professionnels de l'intelligence artificielle.
Fondateur et dirigeant de la société Segallis, dédiée à la communication scientifique, à l'ingénierie cognitive et à l'intégration de la recherche dans les business models des entreprises, il a publié de nombreux articles et ouvrages sur la science et sa communication, l'agriculture, l'éducation, le numérique, l'art et la créativité.